1.1 :: QUELLE(S) RESTAURATION(S)
--------INDUSTRIALISER ?

Votre décision doit être guidée par vos principales activités et vos volumes de production.

Le coût d’un poste CAO, le scanner plus le logiciel de CAO, est compris entre 20 000 € et 35 000 €, auquel il faut ajouter environ 5 000 € par licence CAO supplémentaire. C’est un investissement conséquent, surtout pour une petite entreprise. Il serait donc dommage de faire un tel investissement pour limiter l’utilisation du système à un produit, surtout si le produit en question ne représente qu’un faible pourcentage de votre activité. Ceci est d’autant plus vrai si vous décidez d’acquérir également un équipement de production, qui lui coûte entre 40 000 et 170 000 €, voir plus. C’est pourtant ce qui s’est passé avec les investissements dans des solutions de conception et de fabrication limitées à la production de chapes et de bridges en zircone. Cela explique sûrement le fait que le chiffre d’affaire réalisé avec la CAO ne représente que 3,5% du chiffre d’affaires de l’activité de prothèses dentaires en France, selon la dernière étude de branche de l’UNPPD, alors que 16% des laboratoires sont équipés.

Vous ne devez pas investir dans un système de CAO ou CFAO parce que vous n’avez pas le choix, par exemple : « je dois pouvoir produire des armatures en zircone ». Vous devez investir parce que vous avez la volonté d’améliorer votre compétitivité. Vous devez donc quantifier précisément vos volumes de production annuelle pour chacun de vos produits. Puis vous assurer que le choix que vous ferez permettra d’accroître votre performance globale d’entreprise. Vous devez limiter vos investissements aux matériels dont vous savez disposer du taux de charge pour les rentabiliser. L’offre de systèmes de CAO vous permet d’externaliser en partie ou en totalité la fabrication de vos conceptions CAO. N’investissez dans une machine que si vous avez calculé que le prix de revient de vos produits sera moins élevé que l’achat en sous-traitance.

La bonne démarche pour une industrialisation de vos activités techniques est de considérer que la CAO doit devenir le principal outil de conception des prothèses dans le laboratoire, et non l’outil réservé à un maquettiste ou à une seule famille de structures. Cette approche vous permettra aussi de tirer parti de votre outil de fabrication numérique, pour peu qu’il soit polyvalent.

L’industrialisation du laboratoire doit être progressive. Une bonne stratégie pour démarrer peut consister à s’équiper d’un système de CAO répondant aux principaux besoins du laboratoire et de sous-traiter la fabrication. Puis dans un deuxième temps vous faites l’acquisition du moyen de fabrication dont vous avez validé, par expérience, que les coûts de production en interne sont avantageux par rapport à de la sous-traitance.

Outre une migration en douceur d’une activité artisanale vers une activité semi-industrielle, un des avantages de cette démarche est de vous permettre de tester différents procédés de mise en forme, de comparer les résultats selon les techniques de fabrication utilisées (usinage ou fabrication additive), et d’effectuer l’achat d’une machine en utilisateur averti.

En résumé, la bonne question n’est pas : quelle(s) restauration(s) industrialiser ?
Mais plutôt : quelle(s) restauration(s) sont industrialisable(s) ?
Et quelle stratégie d’industrialisation adopter ?

Page suivante
haut de page